La frustration vécue par l’équipe artistique à la création de la compagnie, à savoir la difficulté d’avoir accès à des scènes équipées, a été le moteur pour devoir inventer d’autres formes de théâtre, pour d’autres lieux. Ce que nous avons vécu comme une injustice de ne pas pouvoir nous exprimer et être écoutés, par manque de plateau mis à notre disposition, s’est transformé en force au fil de notre expérience et est devenu notre « savoir faire » et notre marque d’origine contrôlée.
Nous créons pour des espaces "autres" (une gare, une usine désaffectée, un village, une salle des fêtes, un château), sans nous définir comme une compagnie de rue, mais plutôt qui joue souvent dans « des lieux autres » Cela peut ainsi nous permettre de jouer sur des séries de représentations plus longues, en aménageant un lieu : (Ecoute siffler le train gare désaffectée de Chomérac. Le goûteur usine la mûre de Flaviac), de prendre le temps d'installer un vrai rapport au public, de nous donner le temps nécessaire pour faire connaître notre travail.
-La compagnie développe des collaborations et construit des projets avec des auteurs contemporains (Cécile Philippe-(Ruptures- Le bonheur va bien à tout le monde) Alain Turgeon (Gode Blesse)-Bernard Falconnet-(le cor à Gégé) Geneviève Billette (Le Goûteur)– Dominique Bouchery (Le centre des sciences-Science de l’Amour-Climat d’Urgence-).
Ces auteurs ne sont pas tous nécessairement dans des écritures théâtrales et nous leur demandons parfois l’autorisation de faire une adaptation de leurs nouvelles ou de leur livres, nous les poussons d’autres fois à s’exercer à l’écriture théâtrale pour nos projets de création, en les guidant à aller dans l’écriture de nos envies, en leur passant une commande d’écriture.
- Pour certains spectacles (Clémence Carabosse-Vie Clownjugale-Brigada dada-Fashion Bio) la démarche est différente, l’écriture devient collective et se fait directement sur le plateau avec les artistes impliqués, une démarche qui est proche dans sa méthodologie de création d'un travail chorégraphique, même s’il s'agit dans sa finalité d'un travail théâtral.
- La Cie Janvier tente d’exploiter la créativité et les "savoir-faire" de chaque artiste investi dans les spectacles et venant d'univers différents (improvisation, école du mouvement Jacques Lecoq, conservatoire de théâtre, cours Florent, clown, école d’arts plastique, ...) : cela implique une cohérence et un suivi dans notre travail de recherche de formes à mélanger entre elles. Cela nécessite, pour les artistes, de continuer à se former sur des techniques différentes de celles qu’ils pratiquaient au départ.
- Vouloir faire se rencontrer des disciplines telles que le clown, la chanson, la musique, la danse, l’improvisation, la vidéo dans un même spectacle, nous ne sommes pas les premiers à le faire et cela n'a rien d'original. Ce qui, peut-être, nous caractérise, c'est la configuration du rapport artiste/ public, qui mettra le spectateur dans une posture particulière, qui l'impliquera différemment dans l'histoire.
Nous aimons proposer au public des déambulations (Le goûteur - le centre des sciences), l’installer en dehors des conventions classiques du théâtre (un ring avec le public sur les 4 côtés pour climat d’urgence- un podium avec un public en bi-frontal pour Fashion bio) . Nous le considérons ainsi comme un partenaire artistique de cette aventure théâtrale, comme un témoin voyeur de l’histoire que l’on raconte
-Nos créations ne sont pas classiquement dramaturgiques », cela veut dire que la forme n'obéira pas forcément à la logique de la psychologie ou de la situation dramatique au sens où on l'entend habituellement. Il s'agit plutôt d'une recherche vers des formes poétiques de théâtre.
-Notre installation sur le pays du Cheylard et notre collaboration avec le CSTI de l’arche des Métiers, nous amène à explorer depuis 2005 les chemins de la science et tenter de concilier (réconcilier ?) l'univers des sciences et du théâtre : nous y avons ainsi entraîné l’auteur Dominique Bouchery qui a déjà écrit à ce jour trois spectacles cités plus haut.
Un de nos intérêts « prétentieux » serait que les spectateurs ressortent de nos spectacles avec de nouveaux questionnements et découvrent un nouveau rapport au savoir, en situation d‘éducation informelle mise en œuvre par nos créations, Le but final de la culture étant la connaissance dans les émotions et le plaisir.
-Nous avons instauré, depuis 1993, une rencontre systématique avec le public. Nous la voulons conviviale. C’est l’occasion, à la suite des représentations, d’échanger autour d’un verre, de déclencher (ou pas) des discussions, des débats, mais c’est surtout l’occasion de se rencontrer et prolonger la soirée
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